La jurisprudence pontificale de la Rome antique, le secret pontifical

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Docteur : Selly DIOP

Directeur : Mme Emmanuelle CHEVREAU

Discipline : Histoire du droit et des institutions

Date de la soutenance :

Date de la soutenance
18 septembre 2026

Horaires :

10 heures

Adresse :

Collège Sainte-Barbe –Institut d’Histoire du Droit Jean Gaudemet 4, rue Valette 75005 Paris - Salle Collinet

Jury :

  • Mme Emmanuelle CHEVREAU, Professeure, Université Paris Panthéon-Assas, Co-directrice de thèse
  • M. Oliviero DILIBERTO, Professeur, Università degli studi La Sapienza, Co-directeur de thèse
  • Mme Elena GIANNOZZI, Professeure, Université de Lille, Rapporteure
  • Mme Aude LAQUERRIÈRE-LACROIX, Professeure, Université de Reims, Rapporteure
  • Mme Alice CHERHI, Professeure, Università di Cagliari, Examinatrice
  • M. Riccardo CARDILLI, Professeur, Università degli Studi di Roma Tor Vergata, Examinateur
  • M. Nicolas CORNU-THéNARD, Professeur, Université Paris Panthéon Assas, Examinateur

Cette recherche doctorale est consacrée à la jurisprudence pontificale dans la Rome archaïque et à la notion de secret pontifical comme élément structurant de l’organisation du savoir juridique aux origines de la cité romaine. Elle montre que le droit archaïque ne peut être compris à travers les catégories modernes de séparation entre religion, politique et droit, ces dimensions étant alors étroitement imbriquées. L’étude analyse le rôle du collège des pontifes dans la conservation des formules rituelles, du calendrier religieux et judiciaire ainsi que des procédures juridiques. Dépositaires d’un savoir réservé, transmis oralement au sein d’un cercle restreint, les pontifes exerçaient un véritable monopole de l’interprétation normative, fondement de leur autorité religieuse et politique. Une attention particulière est portée aux legis actiones et au formalisme du droit archaïque. La validité des actes dépendait de l’emploi exact des formules prescrites, conférant à la parole juridique une dimension performative. Le formalisme apparaît ainsi comme l’expression d’une conception sacrale de la norme, étroitement liée au maintien de la pax deorum. La thèse examine également le contrôle pontifical du temps juridique à travers les dies fasti et nefasti, ainsi que la tradition des leges regiae et la figure de Numa Pompilius, symbole de l’unité originelle entre pouvoir religieux et fonction normative. À travers une approche interdisciplinaire associant histoire du droit, anthropologie religieuse, sociologie du pouvoir et philosophie politique, cette recherche interprète le secret pontifical comme une forme de contrôle symbolique du savoir. Elle montre enfin que la progressive divulgation des connaissances juridiques, notamment avec Gnaeus Flavius, marque une transformation majeure sans faire disparaître l’héritage sacral du droit romain. La jurisprudence pontificale apparaît ainsi comme une clé essentielle pour comprendre les rapports entre savoir, pouvoir et autorité dans l’histoire juridique occidentale.